Partager l'article ! 15.07.08 |#9 -Tu n'étais qu'un menteur...: Elle était blonde, elle était un peu crédule, un peu naïve, elle pensait tout connaître de la vi ...
Elle était blonde, elle était un peu crédule, un peu naïve, elle pensait tout connaître de la vie, elle pensait te connaître. Elle avait de suite craqué, elle n'a jamais
osé te l'avouer, elle savait que c'était de toute façon impossible, que rien ne pourrait jamais être comme elle le voudrait. Alors, à défaut d'être celle qu'elle aurait voulu être pour toi, elle
est devenue une amie, la meilleure amie qu'on puisse rêver avoir, toujours prévoyante, toujours à tes cotés, elle te chérissait, te couvait, te
couvrait de câlins, d'affection, une affection dont t'avais manqué de la part de ta propre famille, celle qui n'acceptait pas tes choix, celle qui refusait la vie que t'avais choisi. Elle,
elle était là, elle voulait les remplacer, elle voulait te protéger, quitte à s'en bruler les ailes. Elle, elle
était là, elle s'amusait des ragots des autres, des « on dit », elle souriait lorsqu'on lui demandait si elle et toi vous étiez un couple, si elle était amoureuse de toi.
Jamais elle ne répondait vraiment à cette question, elle baissait juste la tête, déviait le sujet d'ailleurs, jamais tu ne lui as demandé, de toute façon c'était si évident, tu devais le savoir,
mais aimais-tu cela ? Aimais-tu savoir qu'elle était à ta merci, qu'elle aurait fait n'importe quoi pour toi ? Et le temps a passé, peu à
peu elle sombrait dans la débauche, dans la dérive sans se poser la moindre question, elle voyait en toi la perfection, elle avait envie
d'être avec toi, alors elle se laissait aller, à être ce qu'elle n'était pas, juste, pour un jour être celle que tu voudrais enfin avoir près
de toi. Elle était si proche et à la fois si loin de toi, chaque goutte d'alcool avalée lui donnait l'impression de se rapprocher de toi, elle avait tord, mais elle
était déjà trop contaminée par toi pour s'en rendre compte. Elle n'avait en tête que cette fameuse nuit, où sur ce magnifique ponton, où tu l'avais amené, elle et vos amis, histoire de prendre
l'air de décuver, là où elle avait fait une crise d'angoisse rien que de te voir te pencher par-dessus la rambarde, faire le con, te prouver que t'étais vraiment vivant. Elle avait tellement eu
peur qu'elle en avait perdu le souffle, elle tenait à toi plus que tout, et cette idée aussi la terrifiait. Jamais elle n'avait vécu ça avant toi, elle savait ce qu'était
l'amour, elle l'avait déjà vécu une fois, elle savait ce qu'était la déception, ça aussi elle l'avait déjà vécu et peut-être un peu trop naïve, elle se croyait guérie, elle était genre persuadée
que toi, tu ne serais jamais capable de lui faire du mal, après tout, c'est exactement ce que tu lui avais dis ce soir là, sur ce magnifique
ponton, la prenant dans tes bras, caressant son visage, rapprochant tes lèvres des siennes pour lui chuchoter un « je t'aime » deux mots qui allaient la bouleverser au point de
la faire passer du rire aux larmes en l'espace de 30 secondes. Elle était sonnée par l'alcool, par la chute qu'elle avait faite, tes propres chaussures aux pieds, trois fois trop grandes, mais
qu'elle adorait porter, elle n'avait pas réalisé l'impact de ces mots jusqu'à ce baiser, ce baiser ancré en elle, ce baiser qu'elle est capable de se remémorer rien qu'en fermant les
yeux. Elle a toujours le sentiment de sentir ton parfum, de sentir le gout de tes lèvres, comme ce soir là, où allongée dans ton lit, portant uniquement un tee-shirt empreint de ton odeur, elle
avait sentit son cœur battre si fort qu'il lui avait donné l'impression qu'il ne tiendrait pas le coup. Le contact de ta peau contre la sienne lui donnait une impression de plénitude, elle était
un peu saoule, elle avait abusé, bu ce qu'elle n'aurait pas du boire, au point qu'elle en avait perdu les limites. Son corps dénudé contre le tien, que se serait-il passé si la Vodka
n'avait pas eu raison d'elle, que se serait-il passé si elle ne s'était pas endormi contre toi ? Aurais-tu franchi la limite ? Elle ne le saura
jamais, tout comme elle ne désire pas le savoir. Elle n'aurait de toute façon jamais assumé tes choix de vie, elle se croyait plus forte que tout ça, mais elle était surtout aveuglée par ses
sentiments. Perturbée par cette soirée, elle avait alors cherché par tous les moyens de s'éloigner de toi, de ton influence, elle
était accro et elle commençait à détester ça. Elle voulait une relation, une vrai, elle voulait s'évader de tous ces problèmes, de tous les problèmes que tu représentais, l'autre était la
solution, mais toi tu ne l'as pas compris. A la place de soutenir sa décision, tu l'as enfoncé, tu l'as fais pleurer, tu l'as menacé, tu l'as brisé...
Depuis, elle va mieux, elle a retrouvé le sourire, le sommeil, l'envie de se nourrir...Depuis elle ne pense plus à toi...enfin, depuis elle pense moins à toi, elle a
compris que tout ce que tu lui avais apporté n'était que souffrance...Aujourd'hui, elle a enfin compris que tu n'étais qu'un menteur.
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